La vieille porte

 

Poème illustré par un tableau de :

Robert Esnay 
 
www.robert-esnay.com

Fermés puis ouverts, ouverts ef fermés
Depuis tant d’années ses gonds en grinçant,
Cadençant la vie, cadençant le temps,
Couinent et fatiguent ses vieux battants.

Son bois craquelé aurait bien besoin
D’un bon coup d’enduit pour cacher son âge.
Comme la maison aux parpaings disjoints,
Elle est tout usée par bien trop d’usage.

La rue elle-même est très fatiguée.
Personne n’y passe, elle est trop flétrie
De tristesse grise et désabusée.
Le temps semble ici oublier la vie.

Mais l’été arrive avec sa lumière,
Et son soleil blanc aux rayons d’acier
S’en va peu à peu masquer la misère
Poisseuse et grisâtre du vieux quartier.

Car c’est un miracle, ici, en Provence :
Tout est plus facile et plus agréable.
Un peu de soleil , et même l’outrance
De la pauvreté devient supportable.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Chez nous. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire