L’ami-miniature

Un jour, j’ai ramassé dans le fond du jardin
Un minuscule oiseau. Il battait dans ma main
Comme un cœur délicat ; le petit cœur tout chaud
D’une vie bien fragile. Un tout petit moineau

Touchant comme un sanglot, qui n’était plus qu’un souffle.
Un destin sur sa fin, une vie qui s’essouffle
Et qui, sans un soupir, commençait à mourir.
Il fallait tout d’abord tenter de le nourrir !

J’ai mis à détremper du pain frais dans du lait,
Lui ai mis dans le bec : il a tout avalé !
Puis un léger frisson a hérissé ses plumes.
Un souffle qui renaît, la vie qui se rallume…

Je l’ai rentré au chaud, l’ai mis dans une boîte
Pas plus grosse qu’un doigt, jusqu’à ce qu’il s’ébatte
En tentant de tester ses deux esquisses d’ailes.
Je l’ai gardé un temps pour qu’il se remodèle

Un petit corps tout rond, juste un peu plus costaud.
Mais il lui fallait bien s’en retourner là-haut!
Alors je l’ai lâché d’un geste solennel
Pour qu’il rejoigne enfin les confins de son ciel.

Se souvient-il de moi ? S’il revient, je suis sûre
Que mon petit ami – mon ami-miniature !
Me flûtera sitôt une douce chanson ;
Et nous la sifflerons tous deux à l’unisson.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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