La chambre d’enfants

 

Un tout petit lit contre un mur :
Une légère cage azur
Avec des barreaux peints en bleu.
Du ciel partout, en camaïeu.

Dans l’autre coin, un autre lit,
Un canapé plus grand où gît
Un gros chien de peluche jaune,
Avec des yeux couleur d’automne,

Et qui fut tellement mâché,
Tété, mâchonné, mâchouillé
Qu’il en a perdu les couleurs
De son poil râpé jusqu’au coeur.

Des étincelles de poussière
Clignent au creux de la lumière
Qui tombe en rais sur le parquet.
Les jouets sont trop bien rangés.

Au loin les Alpilles s’éteignent.
Sur la commode un petit peigne
Porte encor quelques cheveux blonds.
Mais allons, chassons ces démons !

La chambre est vide, plus d’enfant,
Plus rien ne sera comme avant.
Quelques larmes montent aux yeux
Et l’on se sent même un peu vieux.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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